Un court-circuit au bout d'un circuit de prises. Deux scénarios possibles : soit seul le petit disjoncteur de ce circuit coupe, et le reste de l'étage continue de fonctionner ; soit le disjoncteur du tableau coupe aussi, et tout l'étage se retrouve dans le noir. Le premier scénario, c'est une installation sélective.
Pourquoi c'est important
Dans un logement, une coupure générale est une gêne. Dans un hôpital, un centre de données ou un immeuble de grande hauteur, elle peut arrêter des équipements vitaux ou une activité entière. La sélectivité garantit que la coupure reste limitée au strict nécessaire.
On parle de sélectivité totale quand elle est assurée quel que soit le courant de défaut, et de sélectivité partielle quand elle ne l'est que jusqu'à un certain courant.
Quatre façons de l'obtenir
- Par les seuils de courant (sélectivité ampèremétrique) : le disjoncteur du haut a un seuil de déclenchement nettement plus élevé que celui du bas. Simple, mais limité quand les courants de court-circuit sont forts.
- Par le temps (sélectivité chronométrique) : le disjoncteur du haut attend volontairement un court instant avant de couper, pour laisser celui du bas agir d'abord.
- Par l'énergie (sélectivité énergétique) : certains disjoncteurs limitent très vite le courant ; celui du haut ne « voit » alors pas assez d'énergie pour déclencher.
- Par un fil de dialogue (sélectivité logique) : les disjoncteurs se préviennent entre eux, et seul celui qui est juste au-dessus du défaut coupe sans attendre.
Pour les protections différentielles, le principe est le même : l'appareil du haut est moins sensible et légèrement retardé (type « S ») par rapport à celui du bas.
Comment on la vérifie
- Calculer les courants de court-circuit possibles en chaque point de l'installation, le plus fort et le plus faible.
- Choisir les disjoncteurs et leurs réglages.
- Vérifier chaque paire amont-aval dans les tables de sélectivité fournies par les fabricants, ou en superposant les courbes de déclenchement.
- Reporter les réglages retenus sur les schémas, pour qu'ils soient appliqués à la mise en service.
Le bon réflexe
La sélectivité se prépare dès les études : changer un disjoncteur une fois les tableaux fabriqués coûte cher. Elle se justifie dans la note de calcul, avec les réglages de chaque appareil.
Courants de court-circuit, choix des protections, sélectivité : découvrez nos notes de calcul électriques.

