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Calcul

Bilan de puissance : comment on calcule la puissance d'un bâtiment

Publié le 18 octobre 2026 · Patrice Varlet, 3CSIE

Additionner toutes les puissances installées donnerait un abonnement et un transformateur bien trop gros. Le bilan de puissance tient compte de ce qui fonctionne vraiment en même temps. La méthode, avec un exemple chiffré.

Photo 3CSIE : cellules haute tension de la tour Majunga, à La Défense.

Avant de choisir un abonnement, un transformateur ou la section des gros câbles, il faut savoir combien de puissance le bâtiment va vraiment appeler. C'est le rôle du bilan de puissance. Le piège serait d'additionner toutes les puissances écrites sur les appareils : dans la réalité, tous ne fonctionnent jamais à fond, ni tous en même temps.

Deux coefficients pour rester réaliste

  • Le coefficient d'utilisation (ku) : un appareil ne tourne pas toujours à pleine puissance. Un moteur, par exemple, travaille souvent autour des trois quarts de sa puissance : on prend alors ku = 0,75. Pour l'éclairage et le chauffage, on garde ku = 1.
  • Le coefficient de simultanéité (ks) : tous les appareils d'un même groupe ne fonctionnent pas au même moment. Plus il y a de circuits, plus ce coefficient baisse. Pour un tableau, les valeurs usuelles sont 0,9 pour 2 ou 3 départs, 0,8 pour 4 ou 5, 0,7 de 6 à 9 et 0,6 à partir de 10.

Les prises de courant sont le cas typique : un bureau en compte beaucoup, mais très peu sont chargées en même temps. Leur coefficient est faible, souvent entre 0,1 et 0,2 quand elles sont nombreuses.

La méthode, étage par étage

  1. Lister les appareils et leur puissance installée, usage par usage : éclairage, prises, chauffage et climatisation, ventilation, ascenseurs, bornes de recharge…
  2. Appliquer à chacun son coefficient d'utilisation.
  3. Regrouper par tableau et appliquer le coefficient de simultanéité.
  4. Remonter de tableau en tableau jusqu'au tableau général, en appliquant à chaque niveau le coefficient qui convient.
  5. Ajouter une réserve pour les évolutions du bâtiment (souvent autour de 20 %).

Un exemple chiffré (simplifié)

Un plateau de bureaux alimenté par un tableau à quatre départs :

  • éclairage : 8 kW installés × ku 1 = 8 kW ;
  • chauffage et climatisation : 30 kW × ku 1 = 30 kW ;
  • prises : 40 kW installés × 0,2 = 8 kW ;
  • ventilation : 10 kW de moteurs × ku 0,75 = 7,5 kW.

Total : 53,5 kW. Avec quatre départs, le coefficient de simultanéité du tableau vaut 0,8 : on obtient environ 43 kW. Avec 20 % de réserve, on retient 51 kW, contre 88 kW si l'on avait simplement additionné les puissances installées. L'écart change le prix de l'abonnement, la taille du transformateur et la section des câbles.

Le bon réflexe

Un bilan de puissance n'est juste que si la liste des appareils l'est. Quand chaque appareil est placé dans la maquette avec sa puissance, le bilan se recalcule tout seul à chaque modification, au lieu de vivre dans un tableur qui finit par ne plus correspondre aux plans.

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